Partager l'article ! La section CGT Fapt 78 de Teleperformance Guyancourt interpelle la direction sur le temps de travail et la politique sociale: Madame la Directric ...
Section CGT Teleperformance
Guyancourt (78)
Madame la Directrice,
La section CGT Fapt 78 Teleperformance Guyancourt porte aujourd’hui à votre connaissance un certain nombre de revendications, dont nous demandons la satisfaction.
Depuis le milieu du mois de janvier, le personnel constate un durcissement de la politique sociale, principalement autour du temps de travail.
Un certain nombre d’informations et de pratiques se sont durcies, avec notamment l’impossibilité de rattraper les retards subis au moment de la prise de poste, usage courant jusque là, et
totalement adapté à la réalité des conditions de logement et de déplacement des salariés.
Nous connaissons l’habitude de l’entreprise de faire redescendre en cascade tant les consignes que les sanctions, nous n’admettrons pas que la responsabilité de cette politique soit reportée sur
l’encadrement de proximité.
Une enquête menée par notre section à l’été 2011 mettait en exergue les éléments suivants :
96,88% des salariés consacrent 30% ou plus de leur salaire à payer leur logement, et 23,68% ont dit se sentir précaires côté logement.
Les salariés du site de Guyancourt résident dans 10 départements différents, mais 55,56% sont du 78. Environ le tiers des salariés ont moins d’une heure de transport par jour, mais 64,86% ont un
temps de trajet supérieur, dont 29,73% entre 2 et 4h par jour.
90% des salariés de TP Guyancourt ont déjà vécu un changement de lieu d’affectation.
Les conditions de logement et de transport des salariés sont en grande partie de la responsabilité de l’entreprise, par se stratégie de déménagements récurrents, par la faiblesse des salaires,
par le manque d’exigence vis-à-vis des organismes collecteurs de la contribution dite « 1% logement ».
Les salariés subissent déjà la précarité côté logement, des heures de déplacement dans des conditions de plus en plus dégradées, c’est déjà inacceptable, et ils n’ont pas à être pénalisés en plus
par des aléas qui sont source de stress et de tensions.
Nous combattrons aussi bien les sanctions que les éventuelles retenues sur salaire.
Il semble que certains retards soient consignés suite à l’utilisation des logs de connexion informatique/téléphonique. Nous exigeons l’arrêt de cette pratique, qui n’est pas conforme à la
réglementation, et l’annulation de tout retard et sanction pris sur cette base.
Avant de se connecter, un salarié peut être occupé à de nombreuses choses : saluer ses collègues et son responsable, aller chercher ses affaires, lancer son ordinateur, et nous ne sommes pas
exhaustifs.
La nouvelle pratique de prendre en compte le moindre retard complique la tâche, de manière qui confine parfois à l’absurde, de nombreux agents.
Par ailleurs, la question du temps de travail ne se pose pas que pour les employés, et nous demandons l’ouverture d’un chantier concernant le temps de travail des cadres et des salariés soumis au
forfait jour.
De plus, notre organisation syndicale porte une autre vision de la gestion du personnel que celle qui est appliquée à Teleperformance, pour l’ensemble des salariés et donc aussi ceux qui exercent
une fonction d’encadrement, de proximité ou à un niveau plus important.
Nous avons déjà fait part de propositions à ce sujet, dont celles de recruter pour les fonctions RH et paie. Les nombreuses et multiples erreurs sur les fiches de paie distribuées ce jour nous
conforte dans la légitimité de cette exigence.
Nous demandons aujourd’hui particulièrement:
- une politique sociale qui ne soit pas basée sur les aspects disciplinaires
- la possibilité de rattraper et de la souplesse dans la gestion du temps (retard, prise des pauses), pour tous
- de l’autonomie dans leur fonction des encadrants de proximité
- l’ouverture de négociations sur le temps de travail, en production comme en forfait jour, notamment afin de vérifier les durées travaillées quotidiennes, hebdomadaires et
mensuelles, en y incluant les déplacements
- des augmentations de salaire fixe prenant notamment en compte le coût du logement et du transport
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame la Directrice, nos salutations distinguées.
Guyancourt, le 1er février 2012